Face au changement climatique, nos villes ne doivent pas jouer la montre

 paul bilca, Flickr ; orage au-dessus de Gold Coast, Australie.
paul bilca, Flickr ; orage au-dessus de Gold Coast, Australie.

Les calamités naturelles s'accumulent au cœur de l'été, et la pénurie d'eau qui affecte Rome a retenu l'attention. Fin juin, la ville éternelle devrait subir des coupures sur son réseau d'eau potable. Or, le réseau d'eau potable de la ville est en si mauvais état, que plus de 40% de l'eau captée y est perdue. Le manque d'investissement dans les infrastructures cause donc, en définitive, un vrai désastre économique.

 

Les années 2000 ont bruissé du concept de la "ville durable". De plus en plus, la "ville résiliente" fait aussi parler d'elle. Le changement climatique n'est plus simplement un risque à conjurer en préservant l'environnement ; c'est une réalité à prendre en compte, si l'on souhaite sauvegarder la qualité de vie et la viabilité économique de nos villes.

Le cas romain peut nous sembler bien lointain. En France, de nombreux territoires sont plus prévoyants. Jusqu'à Saint-Amand-Montrond, 11000 habitants, qui truffe ces réseaux de capteurs pour traquer les déperditions. Plus largement, face aux risques de sécheresses répétées et de montée des eaux, on ne tarit pas de colloques et de livres blancs pour imaginer la ville du futur.

 

Mais la résilience n'est pas seulement affaire de grande catastrophe. C'est au quotidien que nos équipements urbains et nos propres organismes seront sollicités avec plus d'intensité. Au vu du rythme de renouvellement des équipements urbains, des bus au mobilier, c'est bien aujourd'hui qu'il nous faut l'anticiper.

 

Or, ces dispositifs ont un prix : d'après la Banque Mondiale, la résilience urbaine coûtera 314 milliards d'euros par an à partir de 2030. Dans ce contexte, deux tendances sont préoccupantes : la contraction des finances locales, et... la résilience des stratégies territoriales. La logique de la compétitivité économique, à coup de projets urbains, d'infrastructures et de soutien à l'innovation, reste dominante. Or, le rendement de telles politiques se dépréciera rapidement sans prise en compte des nouvelles contraintes climatiques. Nous ne pouvons nous permettre de concevoir des formes urbaines inadaptées au futur ; à l'image de l'urbanisme de dalle, rapidement dépassé, dont la rénovation a représenté un lourd tribut financier. La résilience doit donc constituer une priorité financière réelle dans la stratégie d'investissement des territoires.