Les quatre piliers d'un centre-ville qui se réinvente

Les collectivités qui s'attellent à la revitalisation de leur centre-ville se sont retrouvées fin juin à Orléans pour partager leurs bonnes pratiques, mais surtout leur enthousiasme. Car s'il existe bien des leviers incontournables à actionner, la valorisation d'un centre-ville est, par excellence, affaire de prise en compte d'un potentiel et d'une singularité locale.

Un cadre éloquent pour une belle réussite : le Campo Santo, cloître jouxtant la cathédrale, dans une ville d’histoire ayant mené ces dernières années une transformation importante de son centre. Hexag’on était les 29 et 30 juin derniers aux Assises du Centre-Ville, organisées par l’association  Centre-ville en mouvement  à Orléans.

 

Aux dires du maire d’Orléans, c’est un processus de métamorphose sur 20 ans que la municipalité a entrepris, adossé sur la richesse historique de la ville. Ainsi, la pierre calcaire, vecteur d’identité et d’authenticité a été redéployée en centre ville pour apporter de la lumière et du charme ; un travail de végétalisation et de réfection des façades a été mis en oeuvre pour valoriser les boiseries colorées historiques ; un plan lumière et sécurité a également vu le jour pour rendre la ville plus attractive. À tout cela s’ajoute la mise en place d’une programmation événementielle de plein air gratuite et diversifiée afin de créer “un rendez-vous avec Orléans” : un moment où l’on se promène en ville et où l’on profite du cadre et des activités offertes pour prolonger sa visite.

 

Cette stratégie est représentative de quatre piliers souvent nécessaire à une revitalisation de centre-ville efficace : l’action sur le foncier, la mise en place d’une démarche de marketing territorial large, la poursuite d’une politique événementielle génératrice d’attractivité et la concertation, et la co-construction. Pour autant, la stratégie n’est pas menée en silos. Ces quatre axes amènent les services d’une ville à travailler en transversalité, en cassant parfois les routines des directions métier. Nous vous proposons un florilège des initiatives présentées à Orléans, et qui ont retenu notre attention.

 

  • L’action sur le foncier

 

L’action foncière constitue un préalable nécessaire à toute opération de dynamisation du centre-ville. Il s’agit de rétablir des zones d’activités bien définies et en adéquation avec les besoins de la population. C’est le travail qui a été fait à Montrouge notamment où la commune a créé une SEM d’aménagement pour racheter, réaménager des locaux commerciaux et les proposer à des loyers raisonnables à des entreprises préalablement définies. Un grand travail de recensement des besoins de la ville en termes de commerce a été effectué pour définir une politique d’implantation qui puisse être viable. Les collectivités territoriales disposent aujourd’hui de nombreux leviers juridiques (DUP, expropriation, ZAC...).

 

 • Le marketing territorial

 

Il s’agit de définir l’image que la ville veut diffuser d’elle-même pour se démarquer, mais aussi rester fidèle à ce qui la constitue. C’est l’exemple de ce qui a été poursuivi à Montrouge mais aussi ailleurs. Le principe est d’interroger collectivement sur ce qui fait la particularité, la singularité de la ville pour la mettre en valeur. A Orléans c’était par exemple la réintroduction de pierres claires et la réhabilitations de façades en bois coloré mais aussi la capitalisation de l’histoire de la ville royale et de Jeanne d’Arc.

 

 • Une offre événementielle

 

À Dijon par exemple, la réfection de la Halle a permis de développer le tourisme de bouche en ville, en lien aussi avec des animations connexes. Ainsi, des  brunch  sont organisés tous les dimanches avec un effet d’attente important : le chef est annoncé en début de semaine, et le menu quelques jours avant l’échéance. Les récentes études montrent que les marchés ont le vent en poupe, et sont perçus comme un élément de valorisation des circuits courts, de l’identité culinaire locale et du bien manger. C’est à la fois un outil de redéfinition de l’image de la ville et un outil d’animation et de développement du centre-ville. Malgré les enjeux liés à la sécurité de ces marchés, de nombreuses villes tentent d’en faire un atout et un outil de valorisation de l’identité locale. Cela passe par la nécessité absolue de dialoguer au niveau intercommunal d’une part pour organiser une répartition des jours de marché, avec les organisations commerçantes et les camelots d’autre part pour faciliter la mise en place et l’organisation des marchés au sein de la commune.

 

 • La concertation et la co-construction

 

L’ensemble des acteurs semble avoir compris que la mise en place de telles politiques nécessitait de décloisonner la réflexion et d’y associer toutes les personnes concernées. La co-construction est en passe de devenir la norme, même si elle est menée avec des fortunes encore bien variables.

 

La concertation est d’autant plus nécessaire, qu’elle se développe sur un terreau favorable : la population est attachée à son centre-ville et elle souhaite le voir se développer notamment par plus d’animations, mieux communiquées. La propreté et la sécurité sont également des préoccupations importantes qui, pour l’heure, dissuadent parfois les usagers de se ré-approprier les centres urbains.

 

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Un air d’optimisme semble s’emparer de nombreuses collectivités qui avaient fait le déplacement à Orléans. L’inventivité prend une place importante dans la définition des stratégies d’attractivité, qui intègrent notamment l’usage du numérique. Les partenariats avec de grands groupes se multiplient pour créer un tissu de formation propice à l’emploi. Les start-up planchent elles aussi sur de nouveaux outils qui pourraient requinquer l’activité des commerces indépendants en facilitant leur transition vers le e-commerce, ou encore en proposant des dispositifs de fidélisation simples à mettre en place. Ainsi, ces Assises à Orléans nous ont fourni la certitude que de nombreuses bonnes volontés, mais aussi de nombreuses intelligences, travaillent de concert au retour du centre-ville. Un come-back qui ne fait que commencer.

 

 

 Vous pouvez retrouver le baromètre 2017 du centre-ville présenté à l'occasion des Assises.